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 Jeudi 5 mars 

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Niki de Saint Phalle

et Jean Tinguely : la fée et le machiniste 

Lorsque Niki de Saint Phalle rencontre Jean Tinguely en 1956, ni l’un ni l’autre ne se doute que cette rencontre marquera le début d’une aventure artistique et amoureuse de plus de vingt ans. À première vue, tout semble les opposer. 

Niki est issue d’un milieu bourgeois franco-américain, née à Neuilly-sur-Seine, élevée entre la France et les États-Unis. Elle a grandi dans un univers codifié, rigide, mais aussi privilégié. Jeune femme à la beauté saisissante, elle mène une carrière remarquée de mannequin, posant pour les plus grands magazines de mode comme Vogue ou Life. Son monde est celui de l’esthétique contrôlée, du glamour et de la lumière. 

Jean, lui, vient d’un univers tout autre. Il est suisse, originaire de Fribourg, né dans un milieu ouvrier austère, éloigné des paillettes et du faste. Solitaire dans l’âme, il passe son temps dans la nature, s’isolant dans les bois pour bricoler, assembler, donner vie à des machines étranges et poétiques, faites de ferraille et de mouvement. Loin de la scène médiatique, son art se construit dans le silence et la matière brute. 

Et pourtant, au-delà de leurs différences, quelque chose d’essentiel les réunit : la liberté. La liberté de créer hors des cadres, hors des genres, hors des normes. Leurs deux mondes — aussi éloignés soient-ils — entrent alors en collision, puis en fusion. Chacun puise dans la force de l’autre pour repousser les limites de son propre art. 

Ce n’est pourtant qu’en 1966, dix ans après leur première rencontre, qu’ils signent ensemble leur première grande oeuvre collaborative : Hon (qui signifie "elle" en suédois). Réalisée avec Per Olof Ultvedt pour le Moderna Museet de Stockholm, cette oeuvre monumentale marque un tournant dans leur parcours commun. Hon est une immense Nana allongée, dont on pénètre l’intérieur par l’entrejambe. Le corps féminin devient alors une architecture à part entière, une expérience immersive : à l’intérieur, les visiteurs découvrent un monde étonnant, peuplé de machines cinétiques conçues par Tinguely, d’un milk-bar, d’un planétarium, et d’autres installations surprenantes. L'oeuvre, spectaculaire, provoque autant qu’elle fascine. Elle attire l’attention du monde entier et consacre leur duo dans l’histoire de l’art contemporain. 

Un "combat" créatif entre les deux artistes, loin d’être un frein, devient une force. Il donne naissance à des oeuvres hybrides, puissantes, parfois dérangeantes, toujours saisissantes. Leur dualité – entre l’organique et le mécanique, le féminin et le masculin, le rêve et la matière – devient le socle de leur langage artistique commun. 

Ensemble, Niki et Jean vont réaliser de nombreuses oeuvres publiques, installations monumentales et jardins fantastiques, marquant durablement le paysage artistique du XXe siècle. Leur histoire, bien plus qu’une simple collaboration, est le reflet d’un amour vibrant, souvent chaotique, mais infiniment créatif. 

Un film réalisé par Catherine Aventurier 

Année : 2019 

Durée : 52’ 

Pays : France 

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