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 Jeudi 6 novembre

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Bruegel l’Ancien 

De Bruegel, on sait peu de choses. Simplement des noms de villes (Breda, Anvers, Bruxelles), un voyage en Italie, un mariage tardif, deux fils qui seront peintres eux aussi, une mort précoce, si on oublie qu’au seizième siècle, on faisait rarement de vieux os. Il n’a laissé ni lettres, ni écrits, mais environ cinquante dessins et autant de tableaux, que quelques prestigieux musées se partagent comme des trésors. C’est en suivant cette trame biographique sommaire, mais surtout en circulant à travers ses toiles, que le réalisateur va aborder son univers partagé entre fantastique et réalisme. Les tableaux donc présentés non comme une image fixe, mais mise en mouvement et en cinéma, parcourus comme des séquences narratives qui raconteraient une noce paysanne, la chute d’Icare, montreraient des jeux d’enfants ou mettraient en scène les fantasmes infernaux de l’époque ou la construction de la tour de Babel. Les personnages sont isolés, la scène est animée par des mouvements de caméra. Une musique guillerette accompagne les gens qui dansent, les vaches meuglent et les cloches sonnent. Cette circulation dans le sujet est parfaitement adaptée à l’oeuvre de Bruegel, chaque tableau étant plein de saynètes savoureuses ou effrayantes, de détails pris sur le vif. Reporter du quotidien ou grand imagier des épouvantes de son temps, Bruegel l'Ancien est rendu vivant par un commentaire passionnant.

 

Un film réalisé par Michaël Gaumnitz

Année : 1999

Durée : 26’

Pays : France 

Bruegel, piège à voir 

Reindert Falkenburg et Michel Weemans partagent une même passion pour Bruegel, qu’ils ont déjà eu l’occasion d’explorer lors de cycles de conférences, notamment au Louvre. L’un évoquait alors le camouflage dans l’art, tandis que l’autre analysait les jeux de double image et de double regard dans certaines oeuvres du peintre, abordant ainsi des thèmes qui allaient nourrir plus tard un projet commun. Sans surprise, leurs affinités intellectuelles les ont conduits à collaborer sur un ouvrage consacré à Bruegel, publié quelques années plus tard, dont la couverture est ornée d’un tableau emblématique : Les chasseurs dans la neige . Cette fascination tenace s’est prolongée sous une forme filmique, comme pour tenter d’apprivoiser, voire d’exorciser, l’énigme qui les obsède depuis tant d’années. Cependant, au lieu d’apporter des réponses définitives, ce travail audiovisuel prolonge le mystère et entraîne le public dans un labyrinthe de significations cachées. À travers une mise en scène minutieuse de leurs analyses, les auteurs entretiennent un suspense permanent, révélant des détails insoupçonnés et invitant chacun à poursuivre l’interprétation sans jamais l’achever. Le tableau étudié se révèle être une véritable chasse aux indices, où le chasseur pourrait bien finir par être la proie. L’image est d’autant plus pertinente que l’oeuvre s’articule elle-même autour du thème de la chasse, mais d’une chasse ambiguë, où l’on ne sait jamais vraiment qui traque qui. Ainsi, le film, sous ses airs de court-métrage sobre, devient une sorte de piège visuel et mental. Grâce à la précision des commentaires des deux spécialistes de Bruegel, ils attirent l’attention sur des détails que personne ne remarquait, mais qui, une fois mis au jour, ne cessent de hanter l’imaginaire. Certaines questions restent sans réponse, laissant le spectateur suspendu à un mystère qu’il ne pourra peut-être jamais résoudre — sauf à accepter qu’il fasse désormais partie du tableau.

 

Un film réalisé par Thomas Sipp

Année : 2023

Durée : 26’

Pays : France 

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