Le Cirque de Calder
En 1929, Alexander Calder crée un cirque miniature à partir de presque rien : bouts de ficelle, fils de fer, chutes de tissu, bouchons et morceaux de bois. Un cirque pour enfants, génial, bricolé, bourré d’inventivité, de poésie et d’humour. Il le glisse dans une simple valise — aujourd’hui conservée au Whitney Museum de New York. Calder aurait aimé imaginer d’autres numéros, mais il lui aurait alors fallu une seconde valise… Il s’est donc arrêté là, gardant son merveilleux théâtre portatif à portée de main.
Par moments, il ouvrait son trésor devant ses amis : lions, trapézistes, lanceurs de couteaux, danseuse du ventre… tout un monde prenait vie sous leurs yeux. Le film saisit l’une de ces représentations intimes, donnée dans le grenier du couple Calder. Agenouillé sur un coussin, le sculpteur anime ses créatures de ses grandes mains puissantes, avec une délicatesse presque dentellière. À ses côtés, sa femme orchestre l’ambiance sonore, faisant tourner des disques de musique foraine qui accompagnent dompteurs et acrobates.
Ce film capture un moment de pure magie : un mélange d’art, de jeu et de poésie, où l’imaginaire s’anime pour de vrai. Une parenthèse charmante, drôle et lumineuse — et un enchantement intact soixante ans plus tard.
Un film réalisé par Carlos Vilardebo
Année : 1961
Durée : 19’
Pays : France
Panamarenko,
portrait en son absence
Le film dresse le portrait de l’artiste belge Panamarenko et met en lumière les multiples ramifications de son univers poétique. À travers ses inventions — mini-char électrique, cigare volant, feuille flottante, mouette artificielle, chaussures magnétiques, archéoptéryx, hanneton volant, et bien d’autres — surgissent des échos de Buster Keaton ou du mythe d’Icare. Évidente et complexe à la fois, plurielle, ironique, l’œuvre de cet artiste anversois enchante, depuis plus de trente ans, petits et grands. Inclassable, joyeusement iconoclaste, elle continue de fasciner par sa liberté.
Avec beaucoup d’humour, Claudio Pazienza nous entraîne dans une déambulation imaginaire dans les rues d’Anvers, en compagnie d’une autruche — un oiseau qui « aurait pu » voler. Comment, en effet, saisir le portrait de quelqu’un qui semble toujours nous échapper ? Peut-être en imaginant simplement ce que cela aurait pu être, car « rêver, c’est faire en sorte que tout fonctionne vraiment ».
À l’image de Panamarenko, le cinéaste assemble, détourne et associe des images existantes, travaillant les archives avec la minutie d’un artisan. Il parvient ainsi à restituer avec justesse et sensibilité toute la portée de l’utopie poétique de l’artiste.
Un film réalisé par Claudio Pazienza
Année : 1997
Durée : 27’
Pays : Belgique, France

